L’activisme furtif ?

One for the 'Bacon tho...' brigadePour de nombreuses personnes qui deviennent des végétaliens, l’activisme ou la sensibilisation des individus est la prochaine étape logique. Une fois qu’on a découvert l’horrible cruauté qui se cache derrière les produits d’origine animale, il est difficile de ne pas vouloir en parler à tout le monde. Le hic, c’est qu’on risque de se faire taxer de «vegan prêcheur», et de faire fuir les gens. Alors que faire? Vous pensez que la plupart des gens que vous connaissez et en fait la plupart des gens aiment les animaux et ne voudraient pas les voir blessés. Vous voulez que les autres fassent la connexion que vous avez faite. Vous voulez simplement communiquer avec les gens ordinaires, mais savez que peu de gens sont réceptifs à votre message. Eh bien, dans ce cas, il y a un type d’activisme que tout le monde peut faire, c’est gratuit et vous n’avez même pas besoin de parler à quelqu’un.

C’est ce qu’on appelle l’activisme furtif et c’est super simple. Vous sensibilisez les gens à Who knew pork was made from pigs?la souffrance animale sans enfreindre les lois. Comment? Eh bien, il a plusieurs manières de faire. L’autre jour, j’ai lu un article dans la presse à propos d’une jeune femme qui avait acheté un paquet de spaghetti à la bolognaise. Jusqu’à présent, rien de particulier. Cependant, quand elle a pris le carton pour le cuisiner plus tard, elle a découvert, à son horreur, qu’un autocollant avait été apposé sur le film plastique. L’autocollant montrait la photo d’une vache effrayée. Avec l’image figurait un message de ladite vache informant la jeune femme que son «choix personnel» avait lui coûté la vie — à la vache. Quand j’ai lu l’article, je pensais que le titre devrait plutôt être quelque chose comme « La femme entend la vérité et se sent mal à l’aise pendant cinq minutes .» Je n’ai pas pu m’empêcher de penser qu’une graine a été plantée et que celle-ci donnera lieu à un changement. Si une personne plus cool – c’est-à-dire qui n’en aurait pas fait un scandale – avait été la seule à découvrir le message, peut-être aurait-elle sérieusement envisagé de devenir végétarienne. Qui sait?

Some toys I found for sale in a supermarket recently.Il y a quelques sites Web où vous pouvez acheter des autocollants similaires et les coller clandestinement sur des produits de viande de supermarché (ou même du lait ou des œufs). L’approche que je prends est légèrement différente. D’une part, les autocollants coûtent de l’argent et j’ai aussi tendance à être un peu spontané, donc j’oublierais probablement de les prendre avec moi. Ce que je fais, c’est que je vais dans la section jouets du supermarché, ramasse des peluches pour animaux de ferme (les cochons de Peppa sont partout, mais j’ai aussi trouvé des vaches, des moutons et des poulets) et les dépose dans mon chariot. Je me promène ensuite à faire mes courses jusqu’à ce que j’arrive à l’allée de la viande.

Do children realise?Je dois être honnête avec vous ici, je suis assez timide et j’étais un peu inquiet de me faire prendre en les plaçant à côté du produit de viande correspondant. Il s’avère que je n’avais rien à craindre. De nos jours, les rayons viande sont assez calmes en général. Je suis rarement dérangé car je mets des vaches en peluche à côté du bœuf, des moutons à côté de l’agneau et des cochons à côté du porc. Je vais alors prendre une photo rapide et passer à autre chose, les laissant là.

Trying to counter cognitive dissonance.
Tentative de lutter contre la dissonance cognitive

Qu’est-ce que j’espère atteindre par ceci? Eh bien, je veux juste aider les gens de la manière la plus calme possible, pour faire le lien. Je veux que les gens voient l’incohérence qu’il y a dans le fait d’encourager les enfants à aimer et à prendre soin de ces jouets, tout en les encourageant à manger leurs vrais partenaires. Je veux initier une conversation embarrassante entre un enfant et un parent. Je veux que les gens y songent à deux fois avant d’acheter de la viande. Je veux essentiellement encourager les gens à réfléchir, ce qui ne peut jamais être une mauvaise chose.

Cuddly cow next to minced cow.

 

En ce qui concerne les supermarchés, ils ne peuvent jamais vous dire que vous dépassez les bornes. Vous prenez simplement un produit d’une partie du supermarché et le placez ailleurs. C’est beaucoup moins dérangeant que lorsque mon ami avait l’habitude de trouver des paquets de couches dans l’allée de l’épicerie où il travaillait. Ayant travaillé dans les magasins moi-même, je ne vois aucune raison de s’opposer à cette tactique. Donc, si vous n’êtes pas du genre extraverti, ne vous sentez pas à l’aise pour ‘déranger’ vos amis mais que vous voulez quand même communiquer avec les gens, l’activisme furtif pourrait être pour vous. C’est un peu de méfait qui pourrait simplement pousser les gens sur la bonne voie.

Ceci est une traduction de l’article publié sur Vegan.uk par Tofu Temptress. 

Menus végétaliens comme repas d’avion par défaut : une utopie ?

Traduction d’un article du Vegan Strategist, auquel j’adhère totalement.

Dans mon post précédent, j’ai décrit le changement de l’option par défaut comme une stratégie intéressante pour créer un changement de comportement (et d’attitude). J’ai suggéré que c’était une tactique intéressante surtout en ce qui concerne les changements institutionnels. Pouvant être utilisée par les gouvernements, les entreprises et les organisations, elle crée des comportements et (indirectement) des changements d’attitude, tout en conservant la «liberté de choix».

Ici, je veux suggérer un espace concret où l’option par défaut pourrait être mise en œuvre: les avions.

Quand je veux un repas végétalien sur un vol, je dois penser à le préciser lors de la réservation, trouver l’endroit où je peux le demander sur leur site, ou contacter un agent de voyage. Ce n’est pas l’option par défaut, et c’est un peu compliqué. Et demander mon repas spécial ne garantit même pas que je vais l’obtenir (comme c’est arrivé sur mon dernier vol – j’emmene toujours mon propre repas pour être sûr).

why not make vegan meals the default meals on airplanes?
Pourquoi ne pas faire des repas végétaliens les repas par défaut dans les avions?

Imaginez maintenant l’inverse: les passagers reçoivent un repas végétalien (qui n’a pas forcément besoin d’être appelé végétalien, il peut s’agir d’une «lasagne aux légumes» ou d’un «risotto aux champignons» ou autre). Si quelqu’un se plaint que le repas ne contient pas de viande, l’agent de bord lui dirait: «Je suis désolé, vous auriez dû demander un repas spécial.

Ce système présente plusieurs avantages pour les compagnies aériennes:

  • cela simplifie les choses : le nombre de repas spéciaux est considérablement réduit. Regardez cette liste d’options qui est venue avec le repas spécial que j’ai eu récemment. Bon nombre d’allergies et de préférences (religieuses ou non) seraient couvertes par un repas végétalien (bien que nous devrions faire attention à les regrouper pour ne pas avoir une option végétalienne complètement insipide).

list of special meals on airplane

  • il réduit les coûts : les repas végétaliens peuvent être moins chers, et il y a des économies d’échelle
  • c’est mieux pour l’environnement, et la compagnie aérienne peut l’utiliser dans sa publicité
  • c’est mieux pour la sécurité alimentaire. Les repas à base de protéines végétales ne présentent pas les mêmes risques pour la santé que les repas à base de viande, par exemple, en cas de problème de réfrigération.

Et en plus de cela, la première compagnie aérienne à le faire pourrait attirer l’attention des médias internationaux. Cela servirait également d’exemple pour d’autres entreprises. Idéalement, les repas seraient si bons que personne ne se plaindrait, et la compagnie aérienne deviendrait célèbre pour ses repas.

À mesure que l’acceptation des repas végétaliens augmente et que les entreprises et les gouvernements deviennent plus sensibles aux changements climatiques et aux problèmes de santé, je crois qu’un repas végétalien comme option par défaut dans les avions peut être réaliste. Vous aimez l’idée ? Passez le message !

Traduit par T. ROTH

Le business végane qui ne dit pas son nom, un levier stratégique

L’article dont je publie ici la traduction a été mis en ligne (en anglais) sur le site du Vegan Strategist.

Nous véganes aimons crier le fameux mot sur tous les toits. Nous aimons le voir sur les produits et les menus de restaurants. C’est compréhensible : le fait de voir écrit “végane” permet non seulement d’identifier ce qu’il est possible de manger, mais est également supposé sensibiliser les gens au véganisme en général. Cependant, il se pourrait bien que c’est en n’utilisant pas le mot végane… qu’on vendrait plus de produits véganes.

La première fois que j’ai entendu une chose pareille, c’était il y quelques années, dans un supermarché “Whole Foods”, au beau milieu de la Californie. Le magasin était censé proposer un cake végane : je ne le voyais nulle part. J’avais alors demandé à la responsable de rayon où il se trouvait. Elle me l’avait montré, en me précisant que le mot végane n’y figurait plus. La raison ? Le cake se vendait trois fois plus depuis que le label avait été retiré ! 

Plus récemment, j’ai vu s’agrandir le nombre de commerces que j’appelle “stealth vegan”, ces lieux où l’on trouve des produits véganes, même si c’est à peine communiqué – quand ça l’est. Laissez-moi vous donner deux exemples que j’ai récemment rencontrés.

A Melbourne (et probablement dans d’autres villes australiennes), on trouve la chaîne “Lord of the Fries“. Ça ressemble à un fast food classique, avec son  lot de burgers et de boissons sucrées, mais c’est végétarien et végane. Si vous regardez scrupuleusement, c’est communiqué. Mais comme me l’ont fait remarquer certains amis, non seulement leur clientèle majoritaire n’est ni végétarienne ni végane, mais en plus ces gens là ne savent même pas qu’ils n’y mangent pas de viande ! On m’a dit que certaines personnes le découvrement seulement quelques mois après y avoir été.

The menu at Lord of the Fries, Melbourne, Australia
Le menu chez Lord of the Fries, à Melbourne, en Australie

Autre exemple : la modeste chaîne de crèmes glacées Gela en Israël. Là où je suis allé, il y avait un petit sticker “vegan friendly” sur le comptoir, qui leur avait été donné par une association israélienne. J’ai demandé à la vendeuse – puisque je ne lis pas l’hébreu – s’il y avait autre chose dans le magasin indiquant que tout y est végane. Elle m’a répondu que non : la plupart des gens qui viennent ne savent pas que c’est 100% végane.

Gela in Israel only has a vegan friendly sticker, but everything is vegan.
Gela en Israel affiche un sticker “vegan-friendly”, mais tout y est végane.

Encore un autre exemple :  Ronald’s Donuts,  un petit magasin de donuts à Las Végas. Rien dans cette structure n’indique qu’il y a quelconque produit végane, et si voulez savoir quel donut est végane, vous devez le demander.

Pourquoi ces commerces – et beaucoup d’autres – sont-ils si modestes sur le fait d’être complètement végétarien ou végane ? Ce n’est visiblement pas parce qu’ils sont embarrassés d’utiliser le mot. En fait, c’est parce qu’ils savent qu’à cette heure-ci, ces mots repoussent les gens plus qu’ils ne les attirent. Végétarien et végane, pour beaucoup de gens, ça ne signifie pas valeur ajoutée, mais valeur soustraite. Pour comprendre ce qu’il se passe, pensez à vote propre réaction face à un restaurant sans gluten. Si vous ne mangez pas sans gluten, vous pensez probablement que ces plats ne seront pas aussi bons que les plats normaux. Quelque chose leur a été retiré (le goût, peut-être?). Evidemment, même si le fait que ça soit sans gluten ou pas ne préjuge en aucun cas de la qualité de la nourriture, le fait est que le préjugé persiste : si c’est sans gluten, c’est moins bon.

Vous devez sûrement penser : mais ne risquent-ils pas de rater des clients ? Un végane va simplement passer devant et ne saura jamais qu’il peut y manger, non ? Certes, ils peuvent effectivement louper certains clients, mais ils vont probablement en gagner davantage. De plus, les végétariens et les véganes trouveront toujours des lieux où manger sans viande, via le bouche à oreille, des applis comme Happy Cow (l’équivalent de notre Vegoresto) ou autres. En d’autres termes, nul besoin de mettre le mot VEGANE en majuscules sur la devanture du magasin.

Tout cela changera à mesure que la majorité appréciera les produits végétaliens. Pour l’heure, un des moyens de favoriser cette appréciation, est de laisser les gens manger végane sans leur dire que ça l’est. S’ils se rendent compte par après que c’était végane (et qu’ils ont aimé ça), alors c’est tant mieux.

Et au cas où vous ne l’auriez pas réalisé : ce qui rend tout à fait possible le business “stealth vegan”, c’est que nous disposons déjà d’alternatives fantastiques pour beaucoup de produits : les gens n’y voient que du feu. C’est un progrès !

Article traduit par Tristan R.