L’action des minorités – psychologie sociale

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Extrait de “La psychologie sociale”, de Gustave-Nicholas Fischer, p. 152-156 :

“Les conditions dans lesquelles l’influence minoritaire va pouvoir s’exercer sont précisément liées à la manière dont le conflit va émerger et dont il va être géré par la minorité. Car une position minoritaire met en question le consensus souvent fallacieux sur un certain nombre de problèmes. Le fait d’exprimer ses propres points de vue, son désaccord en tant que minoritaire crée ainsi des situations conflictuelles. C’est dans la manière de gérer ce conflit que l’action minoritaire apparaît comme efficiente; celle-ci se réalise notamment par l’affirmation d’un style de comportement tout à fait spécifique qu’on a appelé le style de comportement minoritaire. Paicheler l’a défini comme “une organisation d’actions caractérisées par l’opportunité et l’intensité de leur expression; ces styles sont codifiés de telle sorte qu’ils sont porteurs d’une signification accessible à tous et qu’ils suscitent de ce fait une réaction appropriée”.

Un des aspects du style comportemental minoritaire est la consistance, c’est-à-dire le refus de changer sa position et la fermeté que l’on manifeste à travers des comportements répétitifs par rapport à une question. C’est dans ce comportement consistant que réside une forme d’influence minoritaire; elle a été vérifiée au cours de plusieurs expériences; elles ont montré que lorsqu’un sujet minoritaire manifestait une préférence constante sur un problème déterminé, ce type de comportement induit les membres du groupe majoritaire à adopter sa réponse, même dans le cas où elle s’accompagne d’un changement de la norme implicite du groupe (Faucheux et Moscovici, 1967). De manière plus générale, on a observé que des minorités pouvaient amener des majorités à adopter leurs points de vue si elles ont une position constante sur une question, sans pour autant être rigide ou dogmatique. Comme l’ont montré d’autres travaux, ce type de minorités est perçu comme ayant plus de confiance en soi et le cas échéant, plus de compétence que la majorités (Maas et Clark, 1984).

Un autre aspect du style de comportement minoritaire est l’expression et l’affirmation de son indépendance, c’est-à-dire une manière personnelle de réagir et de juger les situations suivant ses propres critères ainsi qu’une attitude objective susceptible de considérer les divers éléments d’une situation, sans apparaître comme partisan. Des résultats d’expérience ont montré qu’une minorité qui défend, par exemple, une cause pour laquelle elle ne semblait pas avoir d’intérêt personnel, avait davantage d’influence sur la majorité; ceci a été notamment observé dans des situations où des hommes et des femmes défendaient le droit à l’avortement, tantôt il s’agissait d’une femme défendant ce droit devant un groupe majoritaire d’hommes, tantôt il s’agissait d’un homme devant un groupe majoritaire de femmes; il est apparu que ce sont les sujets masculins qui ont été davantage influencé par un homme que par une femme.

Un autre type de recherche a montré que l’influence minoritaire pouvait déboucher sur une intériorisation, c’est-à-dire un changement d’attitude intime de la majorité ; au cours d’une expérience, des groupes de sujets lisaient un texte présentant le compte rendu d’un débat sur le droit des homosexuels, auquel avaient participé cinq étudiants. Plusieurs situations furent crées; tout d’abord, dans tous les cas, quatre des étudiants participant au débat avaient adopté un point de vue et un minoritaire en avait défendu un autre; dans d’autres cas, la majorité était favorable au droit des homosexuels et la minorité contre; enfin, dans une dernière situation, les positions de la majorité et de la minorité étaient inversées par rapport aux précédentes; chaque expérience comportait deux phases, une phase d’évaluation orale après la lecture du texte et une autre, écrite ultérieurement. Les résultats montrent qu’après la lecture du texte les sujets exprimaient publiquement un accord avec le point de vue majoritaire, qu’il soit favorable ou défavorable aux homosexuels; en revanche, les évaluations écrites faisaient apparaître que les opinions s’étaient déplacées vers la position minoritaire (Maas et Clark, 1984). Ces résultats mettent l’accent sur une des caractéristiques de l’influence minoritaire : alors que les influences majoritaires tendent à se traduire en termes de soumission, consensus public, opposés à une indépendance privée, l’influence minoritaire se traduit davantage en termes d’intériorisation, c’est-à-dire de changements qui rallient la conviction profonde des sujets et introduisent de ce fait une véritable innovation.

Dans ce chapitre, l’influence est apparue comme un phénomène social essentiel ; nous avons observé que la société, c’est de l’influence et par conséquent qu’une connaissance des phénomènes sociaux implique une étude de l’influence. Celle-ci a des visages multiformes dont le plus symptomatique est celui qui s’efface dans son expression même pour prendre la figure de notre adaptation au monde social. L’attention accordée à l’influence en psychologie sociale permet ainsi de mesure l’emprise du social sur chacun d’entre nous et notamment à travers la conformité aux normes. Le phénomène de l’influence montre comment la vie sociale s’organise à partir de lui et se diffuse en quelque sorte dans les comportements, les opinions et les attitudes. Par ailleurs, nous avons observé qu’à tous les niveaux, dans tous les domaines de la vie sociale, des individus, des groupes, des institutions mettent en oeuvre des moyens variés pour obtenir des gens qu’ils changent leurs opinions et leurs comportements dans le sens attendu par ceux qui disposent de tels moyens; il peut s’agir de stratégie de persuasion qui incitent, à travers des arguments qui se veulent convaincants, à changer de comportement; d’autres moyens ont davantage recours à la force légitime représentée par l’autorité pour contraindre les gens à la soumission ; d’autres reposent sur la manipulation et consistent à exercer une influence plus sournoise qui masque sa véritable nature, sans recours à la pression, faisant croire que l’individu choisirait librement ce qu’on lui demande.

Enfin, à travers l’influence, nous avons remarqué que ceux qui dans le contexte social ne disposent pas de moyens d’influences reconnus exercent néanmoins une influence réelle sur l’opinion de la majorité à condition qu’ils expriment un type de comportement ferme et cohérent.

Pour terminer, insistons sur le fait que, dans bon nombre de situations, l’influence se caractérise par sa banalité : la banalité de l’influence, c’est ce qui la rend si normale et qui fait aussi son efficacité; on mesure sa force dans les petits événements de la vie quotidienne lorsque les individus transgressent, par exemple, des normes apparemment sans importance. Mais c’est cette banalité-là de l’influence qui est aussi à l’oeuvre lorsque les figures d’autorité demandent ou imposent la soumission ; les expériences de Milgram, mais surtout l’histoire du XXè siècle, nous montrent jusqu’où peut aller cette soumission dans la mesure précisément où elle se transforme en une banalité. “

Faut-il taxer la viande ? Des économistes s’interrogent

La question peut sembler quelque peu saugrenue. S’agirait-il d’une lubie de militants anti-viande zélés ? Pas vraiment. C’est l’interrogation sur laquelle s’est penché jeudi dernier Nicolas Treich, directeur de recherche à l’Institut National de Recherche Agroalimentaire (INRA), lors d’une conférence sur l’économie de la condition animale. Économiste de formation, il s’emploie depuis plusieurs années à traiter la problématique de la consommation de viande en termes économiques. C’est donc avec rigueur scientifique et honnêteté intellectuelle que le conférencier a présenté ses travaux à un public nombreux et enthousiaste.

Consommation de viande : où en est-on ?

La France semble être entrée dans une phase où la consommation de viande diminue… « à une exception près », souligne l’économiste. En effet, si les achats de viandes bovines, ovines et porcines sont sur le déclin (jusqu’à -10% pour la viande de boeuf en 15 ans), la consommation de volaille quant à elle s’accroît considérablement. Une tendance qui n’est pas sans poser quelques problèmes, que l’on peut appréhender avec les outils classiquement utilisés en sciences économiques.

Les coûts de cette consommation

Lorsque la production ou la consommation d’un bien nuit à une tierce partie,  on parle généralement « d’externalités négatives ». Dans la mesure où, au-delà de son strict coût de production, la consommation actuelle de viande entraîne d’autres coûts pour la société, elle est bien productrice d’externalités négatives. Voyons ce qu’il en est.

Premièrement, son niveau de consommation est trop élevé d’un point de vue purement sanitaire, si bien que la France est le pays européen avec la consommation la plus élevée d’acides gras, dépassant ainsi les préconisations de l’OMS. Un tel niveau de consommation a donc des répercussions épidémiologiques, en plus de peser financièrement sur le système de santé.

Deuxièmement, les impacts environnementaux de l’élevage sont très importants. Pollution locale de l’air liée aux émissions d’ammoniac, pollution de l’eau, pollution des sols, déforestation : les conséquences négatives de cette activité sont nombreuses. La plus inquiétante est sans doute l’émission de GES : l’élevage représente 15% des émissions de gaz à effet de serre, soit plus que tous les transports réunis. Pourtant, le secteur ne représente qu’environ 1 à 2% du PIB.

Le hic, c’est que la production de viande est largement subventionnée, ce qui signifie qu’une partie des impôts finance cette activité et ses externalités négatives sur les plans sanitaires et environnementaux. Un financement dont on peut par conséquent mettre en cause la légitimité, et ce d’autant plus que la viande entraîne des externalités négatives indéniables pour les animaux eux-mêmes ainsi que pour les citoyens qui s’en soucient.

Faut-il taxer la viande, dès lors ? 

Comme toute activité économique à l’origine d’externalités négatives, il est possible d’envisager sa taxation. C’est ce principe qui a conduit le gouvernement Ayrault à mettre en place une taxe carbone sur les produits énergétiques en 2014. Concernant la viande, cela serait d’autant plus faisable que les principaux arguments opposables à la taxation sont peu recevables. En effet, les arguments classiques du “choix personnel” ou de la “liberté de manger ce que l’on veut” font pâle figure par rapport aux externalités négatives du produit en question.

C’est pour cette raison que dans leurs différents rapports, le Conseil suédois de l’agriculture (2013), l’ONU (IRP, 2016) et le Conseil Economique pour le Développement Durable (2016) préconisent la taxation de la viande. Malgré cela, les pouvoirs publics français – et même européens – peinent à envisager la régulation de l’élevage. Pour l’heure, ils restent cantonnés dans une logique de subvention de la filière au lieu de l’inviter à prendre en charge le coût des externalités qu’elle génère. Une position qui peut sembler contradictoire avec les discours affichés. Make our planet great again !

T. ROTH

 

 

L’impact de l’élevage sur la santé publique

Extrait du livre de Jean-Baptiste Del Amo, L214 Une voix pour les animaux (La Traversée des Mondes), publié aux éditions Arthaud. Vous trouvez toutes les sources en bas de page.

L’élevage est en soi un facteur de risque pour notre santé. Les systèmes industriels de production sont depuis longtemps la norme dans les pays développés et deviennent de plus en plus répandus dans les pays en développement. Le nombre colossal d’animaux élevés en confinement, dotés d’une variabilité génétique très pauvre et soumis à une croissance rapide, crée des conditions idéales pour l’émergence et la propagation de nouveaux pathogènes. Les systèmes modernes d’élevage sont des incubateurs d’agents pathogènes (Listeria monocytogenes, salmonelles, Campylobacters, E. coli), et autres promoteurs de «  grippes  » en tout genre. Comme l’indique un rapport de la FAO [9] : «  Il n’est pas surprenant que les trois quarts des nouveaux pathogènes ayant affecté les humains dans les dix dernières années proviennent des animaux ou des produits animaux.  » L’EFSA a publié en 2008 un rapport alertant sur la présence significative de Campylobacter et de salmonelles dans les volailles [10]. Un autre rapport de l’EFSA, paru en 2009, évalue quant à lui la présence de résidus de produits vétérinaires et autres substances chez les animaux vivants et leurs dérivés [11]. Comme les élevages sont propices aux maladies infectieuses, les éleveurs sont obligés d’utiliser de nombreux antibiotiques pour soigner leurs animaux ou pour prévenir l’apparition et la propagation des maladies (on parle alors de traitement en prophylaxie).

À cela s’ajoute que les antibiotiques à faible dose stimulent la croissance des animaux. Bien qu’ils soient interdits comme promoteurs de croissance en Europe depuis 2006, ils sont encore utilisés à cette fin dans de nombreux pays. L’utilisation massive des antibiotiques, à usage thérapeutique ou comme promoteurs de croissance, favorise le développement de souches bactériennes résistantes aux antibiotiques. Constat inquiétant  : bien qu’on ait réussi à modérer l’usage global des antibiotiques ces dernières années, les éleveurs ont de plus en plus recours aux antibiotiques dits «  de dernière ligne  », utilisés lorsque les antibiotiques classiques ont échoué [12]. Un rapport récent sur l’antibiorésistance n’invite pas à l’optimisme. Le directeur adjoint de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), Keiji Fukuda, estime ainsi que mourir des suites d’une infection banale ou d’une blessure mineure pourrait bientôt redevenir une réalité courante. Dans la même optique, une récente étude britannique estime qu’en 2050 le risque lié aux antibiorésistances pourrait conduire, au niveau mondial, à la perte annuelle de dix   millions de vies humaines [13].

Certains ont cru pouvoir favoriser le poisson en remplacement de la viande. Mais aux ravages de la pêche sur la faune aquatique et sur les écosystèmes sont venus s’ajouter les effets de l’aquaculture, qui représente désormais 44  % de la production totale de poisson [14]. Or «  l’aquaculture utilise des produits chimiques, des engrais, des antibiotiques qui sont nocifs alors que les contrôles sont très limités [15]  » selon le responsable du rapport de 2003 sur l’aquaculture en Méditerranée. D’après les données de l’Agence norvégienne de contrôle de la pollution, les rejets d’une ferme piscicole de moyenne importance produisant 3 120 tonnes de saumons sont équivalents aux rejets d’une ville de cinquante mille habitants [16]. De plus, en raison de la pollution des eaux, la chair de certains poissons prédateurs dont la consommation est fréquemment conseillée en raison de leur apport en oméga-3 présente parfois des taux inquiétants de concentrations en métaux lourds, tels que le mercure, qui, ingérés à fortes doses, peuvent être la cause de maladies neurodégénératives [17]. Une étude récente menée par des chercheurs du Dartmouth College (New Hampshire, États-Unis), auprès d’un panel de cinq cent dix-huit patients dont deux cent quatre-vingt-quatorze étaient atteints par la maladie de Charcot, pointe la probable responsabilité d’une consommation régulière de poisson et de fruits de mer dans l’apparition de la maladie. Les patients dont la consommation était plus importante voyaient ainsi doubler leur risque d’être atteints par la maladie de Charcot [18]. Quant à la viande de poissons issus de l’aquaculture biologique, une étude menée en 2016 par 60   millions de consommateurs [19] sur des pavés de saumon a démontré que la contamination en métaux (mercure et arsenic) était plus importante sur ces échantillons que sur des échantillons issus de l’élevage conventionnel. En France, depuis quelques décennies, nos pratiques culturelles nous poussent à consommer à chaque repas une proportion considérable de produits d’origine animale et à craindre d’inverser la tendance par peur de perdre le plaisir gustatif et la santé.

Pourtant, la surconsommation de viande, en particulier de viande rouge, tendrait à augmenter le risque de maladies. Un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES)  [20] publié en novembre 2016, précise que la consommation de viande est associée à un risque de prise de poids, chez l’homme en particulier, mais aussi que l’ensemble des études menées sur la question observent une relation entre diabète de type 2 et consommation de viande rouge. Le risque de maladies cardiovasculaires et de cancer colorectal est également accru. En 2015, l’OMS [21] a officiellement classé la viande rouge parmi les cancérigènes probables chez l’humain et les viandes transformées (charcuteries, nuggets, corned-beef, cordons-bleus, etc.) parmi les cancérigènes certains chez l’humain. L’école de santé publique de Harvard recommande de limiter notre consommation de viande à 90   grammes par jour (nous en consommons actuellement 180   grammes par jour) et de limiter la consommation de laitages à deux portions par jour (nous en consommons entre 2,5 et 3   portions dans les pays occidentaux). Le rapport de 2015 du Dietary Guidelines Committee (qui sert de base scientifique aux recommandations nutritionnelles officielles) enjoint les Américains à végétaliser leur alimentation. Il fait du régime végétarien (incluant le régime végétalien) l’un des trois régimes alimentaires de référence, et ajoute qu’il a l’avantage d’être bénéfique à l’environnement.

Contrairement à une idée reçue, les produits animaux ne sont pas indispensables à la santé humaine. Selon l’Académie de nutrition et de diététique (États-Unis), «  les alimentations végétariennes correctement menées, dont le végétalisme, sont saines, adéquates sur le plan nutritionnel, et peuvent présenter des avantages dans la prévention et le traitement de certaines maladies. Les alimentations végétariennes bien menées sont adaptées à tous les stades de la vie, notamment aux femmes enceintes, aux femmes qui allaitent, aux nourrissons, aux enfants, aux adolescents ainsi qu’aux sportifs [22]  ». L’association Dieteticians of Canada affirme également qu’une «  alimentation végétalienne bien menée peut répondre à tous ces besoins. Elle est sûre et saine pour les femmes enceintes et qui allaitent, les nourrissons, les enfants, les adolescents et les personnes âgées [23]  ». De nombreuses autres associations de professionnels de santé reconnaissent qu’il est possible de réduire ou d’arrêter notre consommation de viande sans risque pour la santé, pour autant que l’on prenne soin de manger varié, équilibré et en quantité suffisante. Le Service national de santé britannique (British National Health Service) et la Fondation britannique pour la nutrition (British Nutrition Foundation) déclarent qu’il est possible de trouver tous les nutriments nécessaires dans une alimentation végétalienne saine et équilibrée, mais aussi que cette alimentation permet une croissance et un développement normaux chez l’enfant. En Australie, le Conseil national de la santé et de la recherche médicale (National Health and Medical Research) mentionne les alternatives végétales à la consommation de viande  : «  Les alternatives aux aliments carnés sont les noix, les graines, les légumineuses, les haricots et le tofu. […] Ces aliments améliorent la variété alimentaire et peuvent constituer une source précieuse et abordable de protéines et d’autres nutriments que l’on trouve dans la viande.  » Au Portugal, la Direction générale de la santé reconnaît l’intérêt des régimes végétariens et végétaliens dans la prévention de certaines maladies, mais aussi sa pertinence à tous les âges de la vie  : «  La discussion est lancée et passionne désormais les épidémiologistes, les médecins de santé publique, les nutritionnistes et autres professionnels de santé à propos des avantages de la consommation de produits végétaux et de leur rôle dans la prévention des maladies, principalement celles qui prévalent dans notre société  : maladies cardiovasculaires, cancers, obésité et diabète. Les études montrent non seulement l’importance d’une consommation régulière d’aliments végétaux, mais également le fait qu’une alimentation reposant exclusivement sur ces produits protège aussi bien, sinon mieux, la santé humaine. D’un autre côté, nous savons aujourd’hui qu’une alimentation exclusivement végétarienne, si elle est bien menée, peut combler les besoins nutritionnels d’un être humain [24].  » Enfin, on entend parfois dire que l’alimentation carnée «  se suffit  » tandis que les végétariens ont besoin d’ingérer des suppléments (de vitamine B12, par exemple) pour pallier les déficiences de leur régime. C’est oublier que les carnivores consomment ces mêmes suppléments, produits en usine, par animaux interposés  : la plupart des animaux que nous consommons ont eux-mêmes été supplémentés.

Sources :

[9] Joachim Otte et al., Industrial Livestock Production and Global Health Risks, FAO, juin 2007, p.   2.

[10] EFSA, Analyse de l’étude de référence de la prévalence de Campylobacter dans des lots de poulets de chair et de Campylobacter et Salmonella sur des carcasses de poulets de chair dans l’Union européenne, 2008.

[11] EFSA, Report for 2008 on the Result from the Monitoring of Veterinary Medicinal Product Residues and Other Substances in Food of Animal Origin in the Member States, 2009.

[12] ANSES, «  Suivi des ventes d’antibiotiques vétérinaires  », janvier 2015.

[13] Ministère de l’Agriculture (Centre d’étude et de prospective), «  Les antibiorésistances en élevage  : vers des solutions intégrées », Analyse n°82, septembre 2015.

[14] FAO, La Situation mondiale des pêches et de l’aquaculture, 2016. Lien  : http:// www.fao.org/ 3/ a-i5555f.pdf [consulté le 12   juin 2017].

[15] Actu-Environnement, «  L’aquaculture nouvelle source de pollution en Méditerranée  », Actu-Environnement.com, 2003.

[16] «  La Norvège veut lutter contre la pollution piscicole  », Le Monde, 12   novembre 2009.

[17] ANSES, Consommation de poissons et exposition au méthylmercure, 2016.

[18] Mercury in Fish, Seafood May Be Linked to Higher Risk of ASL, American Academy of Neurology, 20   février 2017. Lien  : https:// www.aan.com/ PressRoom/ Home/ PressRelease/ 1522 [consulté le 12   juin 2017].

[19] http:// www. 60millions-mag.com/ 2016/ 11/ 24/ saumon-le-bio-n-est-pas-irreprochable-10800 [consulté le 12   juin 2017].

[20] ANSES, Actualisation des repères du PNNS  : études des relations entre consommation de groupes d’aliments et risques de maladies chroniques non transmissibles, 2016.

[21] http:// www.who.int/ mediacentre/ news/ releases/ 2015/ cancer-red-meat/ fr/ [consulté le 12   juin 2017].

[22] Source  : https:// vegan-pratique.fr/ nutrition/ positions-medicales-et-scienti fiques/ [consulté le 12   juin 2017].

[23] Ibid.

[24] Les positions médicales et scientifiques en faveur de l’alimentation végétale sont répertoriées par le site Vegan Pratique  : https:// vegan-pratique.fr/ nutrition/ positions-medicales-et-scientifiques/ [consulté le 12   juin 2017].

 

Règle de la minorité : des scientifiques ont trouvé le point de bascule de la diffusion des idées

Dans cette visualisation, on aperçoit le point de bascule où une opinion minoritaire (en rouge) devient rapidement une opinion majoritaire. Au cours du temps, l’opinion minoritaire prend de l’ampleur. Lorsque celle-ci a atteint 10% de la population, la donne change rapidement : l’opinion minoritaire prend le pas sur l’opinion majoritaire (en vert).

Source : SCNARC/Rensselaer Polytechnic Institute

Traduction d’un article de ScienceDaily

Des scientifiques du Rensselaer Polytechnic Institute ont mis en lumière cette règle : si 10% de la population croient fermement en quelque chose, alors leur croyance sera toujours adoptée par la majorité. Les chercheurs, membres du département des sciences cognitives au centre de recherche académique (SCNARC) de Renssealer, ont utilisé des méthodes informatiques et analytiques afin de découvrir le point de bascule où une croyance minoritaire devient une opinion majoritaire. Ces conclusions permettront d’approfondir l’étude des interactions sociales et de leur influence, allant de la diffusion des innovations au déplacement des idéaux politiques.

“Lorsque la proportion de personnes qui partagent une opinion est inférieure à 10%, il n’y a pas de progrès visible en matière de diffusion des idées. A ce stade, atteindre la majorité prendrait un temps comparable à l’âge de l’univers”, selon Boleslaw Szymanski, le directeur du SCNARC. “Une fois que le nombre dépasse 10%, l’idée se répand comme une traînée de poudre.”

Pour exemple, les événements actuels en Tunisie et en Egypte semblent révéler un fonctionnement similaire, d’après Szymanski. “Dans ces pays, des dictateurs ayant été au pouvoir durant des décennies ont soudain été renversés en l’espace de quelques semaines.”

Les conclusions de l’étude ont été publiées le 22 juillet 2011, dans l’édition numérique du journal Physical Review E, dans un article intitulé “Social consensus through the influence of committed minorities.”

Un des aspects importants de cette étude est que le pourcentage requis de “personnes qui partagent l’opinion minoritaire” pour que l’opinion devienne majoritaire ne change pas significativement, malgré la diversité des milieux professionnels auxquels appartiennent les tenants de l’opinion. En d’autres termes, le pourcentage requis de tenants d’une opinion reste toujours d’environ 10%, indépendamment de l’origine de l’opinion et de la manière dont elle se répand dans la société.

Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont développé des modèles informatiques de différents types de réseaux sociaux. Dans un des réseaux, tous les individus étaient en relation entre eux. Dans le second modèle, certains individus étaient en relation avec un grand nombre de gens, et étaient de fait des leaders d’opinions. Dans le dernier modèle, chaque personne avait un nombre semblable de relations. Dans chaque modèle, au départ, beaucoup d’individus étaient traditionalistes. Parmi ces individus, tous avaient une opinion propre, mais étaient assez ouverts aux autres opinions.

Une fois les réseaux construits, les chercheurs ont alors “introduit” quelques tenants d’une opinion forte dans chacun des réseaux. Droits dans leurs bottes, inflexibles sur leurs croyances, ces “vrais croyants” ont commencé à converser avec d’autres individus, dont le système de croyances était plus traditionnel. Peu à peu, le cours des choses s’est inversé.

“En général, les gens n’aiment pas avoir une opinion impopulaire et cherchent toujours à trouver un consensus. Dans chacun de nos modèles, nous avons permis l’apparition de cette dynamique”, a déclaré Sameet Sreenivasan, associé de recherche au SCNARC. Pour rendre cela possible, au sein des modèles, tous les individus ont parlé de leurs opinions entre eux. Si celui qui écoutait avait la même opinion que celui qui parlait, cela renforçait les croyances de l’auditeur. Si leurs opinions étaient différentes, l’auditeur en prenait acte et s’en allait parler à une autre personne. Si cette dernière personne partageait la nouvelle croyance en question, l’auditeur adoptait alors la croyance.

“Quand les acteurs du changements se mettent à convaincre un nombre croissant de personnes, la situation commence à changer”, a déclaré Sreenivasan. “Au début, les gens commencent à questionner leur propre vision puis adoptent la nouvelle vision afin de la répandre eux aussi. Si les “vrais croyants” influençaient seulement leurs voisins, ça ne servirait à rien dans le plus grand système, puisque nous avons observé un pourcentage inférieur à 10.

Cette étude a de nombreuses implications en ce qui concerne la compréhension de la diffusion de l’opinion. “Il y a clairement des situations dans lesquelles cela aide à comprendre comment accélérer la diffusion d’une opinion, ou comment éliminer une opinion qui émerge”, a déclaré le co-auteur de l’étude Gyorgy Korniss, professeur de physique. “Dans certains cas, ils faut convaincre rapidement les gens : s’ils doivent partir avant l’arrivée d’une tornade, par exemple. On peut aussi penser à la prévention face à certaines maladies dans les villages ruraux : de telles situations exigent la diffusion de l’information.”

Les scientifiques cherchent désormais des collaborateurs dans les sciences sociales et dans d’autres champs pour comparer leurs données informatiques avec des exemples historiques. Ils souhaitent également savoir si le pourcentage change lorsque la société est polarisée. Au lieu d’avoir simplement une vue traditionnelle, la société serait divisée en deux points de vue opposés. Un exemple de polarisation pourrait être Démocrates contre Républicains aux Etats-Unis.

Plus d’information dans l’article original  publié en 2011 par ScienceDaily.

Traduit par Herlock Sholmes

Note : “vrais croyants” est la traduction de “true believer”. La notion n’est pas nécessairement religieuse, et fait principalement référence aux fervants tenants d’une opinion quelconque. 

ETUDE : les stratégies de protestation extrêmes pourraient être contre-productives

Traduction de l’article de Toni Airaksinen. Les propos tenus ici ne reflètent pas nécessairement mon opinion sur la question et n’ont pas vocation à prescrire un quelconque type de comportement.

Selon une nouvelle étude, interrompre le trafic routier, endommager une propriété, déclencher une émeute et d’autres formes “extrêmes” de protestation peuvent réduire le soutien populaire de certains mouvements sociaux.

L’étude, Extreme Protest Tactics Reduce Popular Support For Social Movements,  a été publiée dans SSRN par le professeur Matthew Feinberg (Université de Toronto). Son enquête sur les tactiques de protestation a été inspirée par son passage à l’Université de Berkeley (Californie), période durant laquelle il s’est rendu à de nombreuses manifestations, a-t-il confié à Campus Reform.

Feinberg et son ancien directeur de thèse, Professeur Robb Willer,  “se demandaient quelles stratégies seraient plus fructueuses que les autres et quelles stratégies pourraient s’avérer contre-productives”. Ainsi, ils se sont penchés sur la question, aux côtés de Chloé Kovacheff,  doctorante à l’Université de Toronto.

Lors d’une expérience, Feinberg et son équipe montrèrent aux participants des vidéos de militants issus de trois mouvements sociaux courants aux Etats-Unis : les droits des animaux, les Black Lives Matter, et la mouvance anti-Trump. La question était de savoir si le type de stratégie utilisé par les militants dans chaque scénario avait un effet sur le soutien des participants aux différents mouvements sociaux.

Sans surprise, il parvint à la conclusion que plus la tactique de protestation est violente (comme le fait de déclencher une émeute ou interrompre le trafic), moins les gens sont susceptibles de soutenir la cause.

“Nous avons remarqué qu’être exposé à des formes extrêmes de protestation réduit le soutien donné aux activistes, à leur mouvement et à leur cause”, confesse Feinberg à Campus Reform. “C’est contreproductif si l’un de vos objectifs est de toucher l’opinion publique et d’obtenir le soutien de la population en général “.

Le fait que les manifestations puissent s’avérer contreproductives a été démontré lors d’une de leurs expériences ultérieures, qui s’est concentrée sur la mouvance anti-Trump.

“Le plus surprenant, ce sont les réactions aux protestations anti-Trump. Quand les participants (de tous bords politiques) furent exposés à  des vidéos de blocage du trafic routier [provoqués par les manifestants anti-Trump], ceux-ci étaient plus enclins à supporter le président Américain, avoua Feinberg.

La possibilité que les manifestations soient contreproductives a d’importantes implications pour les activistes, expliqua-t-il : “Il y a une contradiction entre deux objectifs principaux de l’activisme : l’un est d’attirer l’attention, l’autre est d’obtenir le soutien de l’opinion publique”.

[…] Selon les recherches de son équipe, il est possible que les récentes émeutes de Berkeley (ayant éclaté lors du discours de Milo Yiannopoulos), soient finalement contreproductives, même si elles ont atteint leur objectif initial qu’était le maintien de la liberté d’expression sur le campus.

Feinberg a cependant souligné le fait que l’objectif de ses recherches n’est pas de descendre les activistes ou l’activisme d’une quelconque manière, mais plutôt de souligner les écueils des excès de zèle.

“Nous ne prenons pas de position politique”, a-t-il affirmé. “Nous reconnaissons que l’activisme constitue une part importante du processus démocratique. Nous voulons simplement souligner les contradictions existantes.”

 Note : certaines franges des mouvements sociaux utilisent des stratégies “extrêmes” de protestation, sans que leur but soit d’obtenir le soutien de l’opinion publique. Il s’agit entre autres de faire réagir des acteurs de pouvoir (politiques, législateurs, industriels, médias, etc.) sans chercher de consensus populaire. La question est de savoir si ces tactiques, bien qu’apparemment limitées dans la conquête de l’opinion publique, peuvent faire bouger les lignes politiques, juridiques et organisationnelles dans le sens souhaité. Autrement dit, on ne sait pas encore si elles sont contreproductives lorsqu’il s’agit d’atteindre d’autres buts que l’approbation du grand public. 

Herlock Sholmes

 

 

“Pourquoi n’est-il pas éthique de manger des œufs ?” Chris Alexander

Préambule : j’ai trouvé cet article sur internet. Il permet de comprendre en quoi la consommation d’œuf contrevient au principe moral généralement accepté selon lequel “il est mal de tuer ou d’infliger de la souffrance lorsque ce n’est pas justifié.” Lecture : 

 

Il y a en France environ 47 millions de poules pondeuses qui vont produire plus de 14 milliards d’œufs par an (1).

Pour obtenir des poules pondeuses on trie les poussins dès leur naissance (cette opération s’appelle le sexage) (2).

Les quelque 47 millions de poussins mâles sont broyés (3) ou gazés vivants et les femelles auront le bec épointé par une opération très douloureuse (le débecquage) pour éviter qu’elles se blessent entre elles (4). Tout ceci, bien sûr, quel que soit le mode d’élevage (batterie, plein air ou Bio).

 

Les poules pondeuses seront ensuite utilisées pour pondre environ 300 œufs pendant 12 mois avant d’être envoyées à l’abattoir (alors qu’elles peuvent vivre environ 6 ans). 83% des poules pondeuses sont destinées à l’élevage intensif dont 80% en cage (batterie, code 3) et 3% au sol, code 2, 17 % en “plein air” (code 1) ou “Bio” (code 0). (5)

 

“Et si on mange les œufs de ses poules ?”

Cette question revient chaque fois que les véganes justifient le fait qu’ils ne mangent pas d’œufs. C’est surprenant le nombre de fois où cette question est posée quand on connait le faible taux d’œufs issus de poulaillers individuels sur les plus de 14 milliards d’œufs produits en France chaque année…

 

Allez, admettons que l’on ait un voisin qui a des poules (et bien sûr il ne doit pas nous vendre les œufs hein, il faut qu’il les donne) ou mieux,  admettons que vous ayez vous-même des poules…

 

Il faudrait déjà que la poule n’ait pas été achetée car sinon on retombe dans le circuit “poule pondeuse” avec un mâle broyé pour une poule gardée.

Donc, admettons que la poule vous a été donnée. Il faut que vous acceptiez de la garder jusqu’à la fin de ses jours même quand elle ne pondra plus et bien sûr, ne pas la manger…

Jusque là on se dit “je peux manger des œufs de mes poules” (si on en est psychologiquement capable, ce qui n’est pas évident si on a déjà arrêté).

 

La fonction de la poule n’est pas de faire des œufs pour le plaisir de son propriétaire. La ponte d’œufs fait appel à un cycle naturel qui, outre le fait de donner naissance à des poussins en cas de fécondation, permet à la poule d’avoir des cycles de couvaison. Et d’ailleurs pendant ces cycles la poule va moins pondre voire arrêter. Enfin, au bout de quelques temps, vu que l’œuf couvé mais non fécondé ne donnera rien, la poule s’en désintéressera ou finira par le détruire et le manger et elle repartira ensuite sur un nouveau cycle.

 

Le fait de prendre les œufs vient donc perturber ce cycle normal. Le “truc” de nos grands-parents : laisser un seul œuf à couver à la poule l’incite à pondre de nouveau… C’est donc une forme “d’esclavage” (j’en conviens, le mot est peut-être un peu fort) que le végétalien puriste n’acceptera pas d’infliger à sa poulette. Pour info une poule “livrée à elle-même” et qui arriverait à survivre à ses prédateurs ne pondrait que 12 à 60 œufs par an…une poule élevée en liberté pond environ 170 œufs et 265 pour une élevée en batterie.

 

Si vous souhaitez malgré tout avoir des poules chez vous, en mangeant ses œufs ou pas, la meilleure action que vous pouvez réaliser est de sauver des poules issues d’élevages (6) avant qu’elles ne partent en abattoir. Alors qu’elles ne sont payées que quelques dizaines de centimes d’euros par l’abattoir, certains éleveurs proposent de les revendre entre 1 à 2 euros environ. Bien sûr en les rachetant on l’encourage à continuer cette pratique mais il vaut mieux penser que l’on va offrir une fin de vie heureuse à des poules qui n’auront connu qu’exploitation et souffrance.

 

Chris Alexander

 

(1) http://www.planetoscope.com/agriculture-alimentation/1392-production-d-oeufs-en-france.html

(2) http://www.l214.com/oeufs-poules-pondeuses/sexage [le sexage]

(3) http://www.dailymotion.com/video/x1b9j76_4-secondes-pour-comprendre-pourquoi-les-oeufs-bio-ou-non-sont-a-bannir-de-vos-assiettes_animals [images difficiles montrant en 4 secondes le broyage des poussins]

(4) http://www.l214.com/poules-pondeuses-oeufs/epointage-debecquage [le débecquage]

(5) http://www.l214.com/oeufs-poules-pondeuses

(6) http://www.l214.com/recueillir-poules-pondeuses [recueillir des poules de réforme]

 

 

Si vous ne parvenez pas à cesser de consommer des œufs, apprenez à les choisir selon le mode d’élevage des poules :

http://www.l214.com/marquage-etiquetage-oeuf

 

Comment remplacer les œufs dans la cuisine :

http://www.plaisirvegetal.fr/2010/09/13/mille-et-une-astuces-pour-remplacer-les-oeufs-dans-les-recettes/

 

 

Source : https://www.facebook.com/notes/marc-viot/pourquoi-nest-il-pas-%C3%A9thique-de-manger-des-%C5%93ufs-chris-alexander/10152415881563426/